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La Malédiction de la Stick Holder

Les interactions entre joueurs et joueuses restent un sujet épineux. En fait la situation s’est dégradée ces dernières années avec la multiplication du nombre de participantes dans les tournois et leurs apparitions sur les streams. La misogynie rampante commune à tout groupe culturel masculin (la testostérone est redoutable ^^) a laissé sa place à un machisme de supermarché 100% pur frustration sexuelle. L’insulte facile remplace doucement le folklore de tournoi habituel de la taunt à base de vannes vaseuses, bref on sombre doucement dans les abimes glaireuses de la bêtise…

La Stick Holder (porteuse de stick) est seulement une CARICATURE de joueuse. Elle est représentée soit comme une petite amie de joueur, un peu là par hasard parce qu’il y avait de la lumière, soit comme une petite nana qui traine sur les events pour se trouver un mec en faisant un peu de cosplay, beaucoup de DDR/Guitar Hero, mais qui ne passe jamais les poules si et quand elle participe à un tournoi. En fait on est dans le fantasme de la femme « publique » qui offre ses charmes au mieux-disant : le champion local.

J’insiste lourdement sur le mot caricature puisque l’image de la Stick Holder n’est finalement qu’un copié-collé de celle des Badge Bunnies, ces femmes qui trainent dans les bars bourrés d’hommes en uniformes dans les grandes villes des USA (un lieu social fréquenté par des hommes partageant des intérêts communs). En effet si les Badge Bunnies (un mot porte-manteau entre badge, comme un badge de police et bunny, comme les modèles de Playboy ou les lapins qui leur donnent leur petit nom…), ces demoiselles qui vont draguer dans les lieux fréquentés par des policiers (ce qui leur vaut d’autres noms d’oiseau comme Holster Sniffer ou Nightstick Polisher…) ou des pompiers (Hose Hoppers…) existent vraiment, elles ont beaucoup plus d’importance dans les fictions américaines que dans la réalité. Le sexe fait vendre : c’est dingue, non ?…

La comparaison entre la Stick Holder et la Hime (littéralement Princesse, le nom que se donnent les fans de shôjo manga) va elle aussi de soit (dans la tête de notre macho primaire fictif), puisque comme ces otakettes qui fleurissent dans les conventions, elles sont censées être totalement bas-de-plafond (limite à baver en poussant des cris rauques…) : bref c’est une analyse aussi fine, distinguée et légère qu’une galerie de photos de Francesca Dani.
Mais n’en doutez pas : de nombreuses geekettes sont capables d’écraser des tombereaux de mecs à Street avec une main dans le dos et en vous donnant des détails hyper pointus sur la carrière des CLAMP (ou le plan des Cylons dans BSG).

Bref la joueuse est un joueur comme les autres, mais si on sait tous (enfin presque…) que ça va de soit, ça va toujours mieux en le disant !