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Joueurs et organisateurs : ce qu’il nous manque pour réussir

 

Diantre, voici que Neithan écrit sur HitCombo ! Pas de panique chers lecteurs, je viens en paix. La plupart d’entre vous ne me connaissent que comme le gai luron gérant Bas Gros Poing, mais j’ai au fil de ces presque treize années de vadrouille aidé sur de nombreux points relatifs au jeu de combat et des deux cotés de la barrière : j’ai été organisateur de tournois comme compétiteur, j’ai critiqué des jeux tout comme j’ai aidé des gens de l’industrie à entrer en contact avec notre communauté, j’ai grandement bavardé de l’état de notre scène (notamment avec C_nul et Bachaka mais pas que) et bien d’autres choses encore.

Si je prend mon clavier aujourd’hui c’est pour vous écrire un article qui s’adresse à la fois aux joueurs mais aussi aux organisateurs. N’y voyez aucune condescendance de ma part. Mon but est avant tout de faire passer un message clair et fort qui profitera à tous. Asseyez-vous donc et pardonnez la longueur mais il y a beaucoup à dire.

 

We are Legion

Avant de commencer, faisons un petit récapitulatif du fonctionnement de la scène française aujourd’hui. Le premier point le plus entendu dans notre pays est qu’il ne s’y passe rien.

C’est faux.

Nous sommes un des pays les plus actifs d’Europe en termes de scènes locales. Nous avons été surpris sur Bas Gros Poing quand nous avons lancé un annuaire visant à répertorier les associations françaises : il y en a en effet dans presque toutes les régions de France, et la majorité d’entre elles sont actives toute l’année. La France étant un pays très porté sur le social, beaucoup de ces associations ont des salles gratuitement qui leur permettent de construire quelque chose de durable sans trop de frais. Elles reposent sur le prêt de matériel par leurs membres et quand elles en ont les capacités financières, achètent leur propre matériel et le stocke afin de faciliter leur organisation. Leur financement fonctionne essentiellement via des adhésions aux associations et des inscriptions aux tournois et rankings le plus souvent mensuels.

Nous avons également un ou deux majors chaque année (jusqu’ici la World Game Cup et le Stunfest tenaient ce rôle) qui fonctionnent en réunissant la majorité de ces associations. Par exemple les streams de la World Game Cup réunissent à la fois Armshouse (Worst Gief EVER entre autres), Dans Ta Cave (Valentin) et la SWGA (Maho). Les organisateurs et arbitres sont issus de 3hit Combo (Rennes), la SWGA (Bordeaux et Toulouse), Games Culture (Marseille), La crampe aux doigts (Lille), Gnouz/Soul Arena (Paris), le Versus Dojo (Paris) tandis que les organes de presse et d’animation sont essentielement du web (Bas Gros Poing, HitCombo entre autres). Ceux qui ont été à la World Game Cup ont pu réaliser que tout fonctionnait plutôt bien.

Et à coté il y a évidemment une multiplicité de petits groupes de joueurs qui sont invisibles mais font des sessions chez eux et font vivre des micro-scènes locales sans rien demander à personne ou même s’afficher.

En résumé nous ne sommes pas si mal lotis pour un pays où « c’est mort ». Il est cependant important de comprendre que si nous voulons égaler un pays aussi actif que les Etats Unis il va falloir admettre que nous ne faisons pas tout correctement et que notre marge de progression est énorme. Et contrairement à la croyance populaire qui veut que les joueurs et organisateurs se rejettent la responsabilité de la morosité de notre scène, ceux-ci vont devoir faire des efforts pour s’aider mutuellement.

 

Les joueurs

Le concept de toute compétition, est celui de la pyramide : la base représente le nombre de joueurs et sa hauteur représente le niveau atteint. L’idéal est bien évidemment une pyramide équilatérale, c’est à dire dont les trois cotés ont la même taille. La base de joueurs est ainsi proportionnelle à la difficulté de la pente et tout est bien dans le meilleur des mondes.

Cependant on trouve le plus souvent deux types de pyramides en France :

  • La première est une pyramide peu élevée : la base est certes large, mais le niveau est bas progresse peu et les meilleurs joueurs ne sont en fait pas si bon que cela. A l’échelle française Street Fighter IV en est à ce stade : beaucoup de joueurs potentiels, un niveau relativement élevé, mais qui est en fait assez bas comparativement au reste du monde.
Le problème majeur de cette disposition est qu’elle ne motive pas les joueurs à se déplacer. L’attraction des joueurs pour un tournoi est en effet proportionnelle au niveau qui s’y trouve et en France aucun compétiteur ne peut se targuer de faire venir du monde via son nom. Le résultat est désastreux : un peu comme si on se contentait de soulever de la fonte à la maison, qu’on évitait toutes les compétitions régionales et nationales pour ensuite se pointer aux JO ou aux championnats du monde d’haltérophilie et croire qu’on peut faire des résultats et être sponsorisé, les joueurs français évitent les étapes intermédiaires, se contentant de leur communauté locale et des compétitions majeures, délaissant l’entre-deux.
Au delà de la problématique du niveau qui va alors stagner, ne pas se déplacer aux tournois intermédiaires bloque la quasi-totalité de l’appareil compétitif : si les joueurs ne viennent pas aux tournois il n’y a pas de rentrée d’argent pour les associations qui ne peuvent pas investir, il n’y a pas de retour sur investissement pour les sponsors, et il devient extrêmement difficile de faire des choses plus importantes (la WGC par exemple en souffre beaucoup). Il en va de même pour les joueurs : il est impossible de se faire sponsoriser convenablement (j’entends par là défraiement total à l’échelle au moins nationale) s’il n’y a pas assez de joueurs pour voir le sponsor.

 

  • La seconde est une pyramide en forme d’aiguille : le niveau est incroyablement bon mais il y a peu de joueurs et la pente vers le meilleur niveau est bien plus brutale, demandant plus de capacités. Un jeu comme Street Fighter 3 en est le parfait exemple : après 13 ans sur le même jeu, certains peuvent full parry n’importe quoi tandis que d’autres n’ont pas d’affrontements réguliers leur permettant d’apprendre à parer un simple Hadoken en EX.
Ici la difficulté est double car les joueurs n’ont pas d’autre choix que de jouer en groupe très restreint dans le courant de l’année et de venir sur l’unique compétition annuelle organisée pour eux. Ici le souci n’est pas que la machine est bloquée : il n’y en a tout simplement pas. Un jeu où les associations locales ont baissé les bras ne sera plus joué qu’à l’échelle micro-locale entre habitués, et ceux-ci vont voir leur niveau stagner faute d’adversaires différents. Ils seront toujours très fort comparativement aux autres joueurs, mais même leur niveau pourtant bon ne vaut rien à l’échelle internationale. Par exemple les joueurs de jeux Arc System Works, aussi bien en Europe qu’aux USA, n’ont quasiment jamais atteint le niveau nippon.

 

Les solutions

La première chose que les joueurs doivent faire est de cesser de considérer leur implication comme inutile. VOUS ÊTES IMPORTANT. Quel que soit votre niveau, quel que soit votre jeu, vous êtes LA variable qui permet de faire avancer les choses. Votre rôle est simple : venez et jouez. En faisant cela vous augmentez le niveau global en plus du vôtre, vous créez et vous êtes de la valeur ajoutée aussi bien financière que numérique qui permet aux associations et organisateurs d’exiger plus et de faire plus. Pourquoi les rankings mensuels français sont peu streamés ? Parce que le plus souvent les salles n’ont pas le net et que le faible nombre de joueurs ne permet pas de justifier la facturation d’un accès internet auprès d’une municipalité. Votre présence en masse peut décoincer ce genre de blocages.
La seconde chose importante est de cesser de croire que l’on peut faire les choses à moitié. Sans pour autant dicter la vie de chacun, il faut bien comprendre que ne pas venir à un tournoi/ranking parce qu’on a la flemme, pas l’envie ou parce qu’on se considère mauvais ne devrait même pas vous traverser l’esprit. Considérez cela comme un sport : aucun sportif un minimum sérieux ne loupera son entrainement parce qu’il a le cul dans son canapé et une bière à la main. La méthode le plus utilisée en sport est de se fixer des objectives atteignables sur le court terme et sur le long terme. Sur le court terme c’est tout à fait possible dans notre discipline : se donner pour objectif quelque chose de réaliste et graduel (gagner tant de matchs de pool, en sortir, aller en 16éme, etc) est motivant. Sur le long terme c’est évidemment d’être le meilleur mais pas que : votre objectif est la perennité de votre scène locale.
Dernière chose importante qu’il va falloir finir par faire : jouer à plus de jeux. Cessons la branlette du « j’ai pas le temps d’être compétitif sur tout », elle n’a plus aucun sens depuis que les joueurs américians ont prouvé qu’on pouvait le faire si on le souhaitait. A l’exception des différences souvent flagrantes entre 2D et 3D, les jeux ont tous les même bases qui peuvent être utilisées d’un jeu à l’autre. Contrairement à la croyance populaire le jeu de combat n’est pas un sport comme le football ou le rugby et ses joueurs ne sont pas mono-disciplinaires. Le jeu de combat est une forme d’athlétisme où les capacités du compétiteurs peuvent s’exprimer dans diverses disciplines liées. Chaque compétiteur aura sa spécialité mais participe à l’ensemble pour son enrichissement personnel et pour faire vivre son milieu car le jour où une discipline est retirée de l’athlétisme, celui-ci perdra en visibilité, en sponsoring et commencera à mourir.
Et c’est spécialement cet effort que les joueurs doivent fournir pour faire avancer la scène. Peu importe leur niveau, ils doivent faire vivre plusieurs disciplines pour ne pas que celles qu’ils préfèrent disparaissent. Vous pouvez être excellent à Street Fighter IV et mauvais à Persona, ce n’est pas grave : dans les deux cas vous ne serez pas seuls et trouverez alors des joueurs de votre niveau avec qui progresser.

 

La question financière

Maintenant parlons argent car c’est probablement ce qui passe par la tête de chaque joueur à qui on demande de participer à plusieurs jeux lors d’un tournoi. Positionnons-nous coté organisateur avant de revenir coté joueur. Comment sont financés tous ces tournois ?

Le plus souvent l’argent est avancé par l’association organisatrice voire des particuliers (sans citer de noms, sachez que certains ont mis leur compte personnel à rude épreuve pour vous et ont souvent perdu de l’argent) ou bien les inscriptions en amont du tournoi. Cet argent est ensuite remboursé par divers moyens : une entrée, les tournois, une buvette, ou même des dons. Il faut cependant bien comprendre que c’est le plus souvent le prix des inscriptions qui rembourse les frais et que plus les joueurs s’inscrivent tôt, plus l’organisateur peut améliorer son organisation.

Or aujourd’hui un organisateur ne peut décemment pas faire un tournoi uniquement sur un jeu : le prix des loyers, le coût de l’équipement, le défraiement des personnes concernées, tout cela a augmenté et coûte trop cher. Les organisateurs ne vous le diront jamais par pudeur et parce qu’ils ne veulent pas d’ennuis mais leur idéal est que vous fassiez plusieurs compétitions sur plusieurs jeux pour qu’ils gagnent plus d’argent et atteignent un équilibre financier. L’organisateur ne peut décemment pas vous demander 40 euros euros pour un unique jeu, ce serait ridicule. Sa seule marge de manœuvre est de mutualiser le matériel et le lieu dont les prix ne changent pas quel que soit le nombre de tournois, et travailler pour offrir plus lors de son event en espèrant que les joueurs suivront.

Coté joueurs, beaucoup accuseront alors la communauté du jeu le moins joué de ne pas être assez conséquente et se plaindront que ce n’est pas à eux de faire les bons samaritains en sortant leur porte monnaie. Mais faire cela revient aussi à avouer que sa propre communauté n’est elle même pas assez conséquente pour se la jouer solo. Après tout si le GOD de WatchDaMatch pouvait se contenter de Street Fighter IV, il le ferait au lieu de se donner du travail en plus avec King of Fighters, et vice-versa. Or même un jeu important comme Street Fighter IV ne peut plus prétendre à l’auto-suffisance financière.

Aussi les joueurs doivent prendre conscience que la mutualisation des tournois et rankings est une évolution logique et obligatoire de notre scène, et que celle-ci ne consiste pas juste à la réunion de deux communautés qui vont jouer chacune dans deux coins opposés de la salle, mais à une fusion de ces deux communautés qui joueront alors aux jeux proposés. En ce sens le Fist of Legend sur Virtua Fighter 5 co-organisé par Soul Arena comptait un petit paquet de joueurs purement Virtua Fighter mais aussi de membres connus de la communauté SoulCalibur. Si les deux jeux venaient à être ensemble en ranking il faut qu’au moins une partie des joueurs de Virtua Fighter fasse aussi l’effort de jouer à Soul Calibur pour assurer l’avenir de leur propre jeu.

Pour que cela se fasse sans trop de douleur, il convient aussi de cesser l’hypocrisie qui règne souvent dans notre milieu quand on parle d’argent. Dire que 7, 8, 10 euros c’est trop cher, c’est une fois de plus se moquer du monde. Un tournoi de 32 joueurs sur 4 postes corrects sans location de salle a une valeur théorique minimale de 2500 euros (consoles + écrans + jeux = 2000 euros ; transport du matériel + défraiement de 2 arbitres + sécurité et assurance de la salle + frais divers + petite épargne = 500 euros minimum). Chaque joueur coûte théoriquement 78 euros à l’organisateur, soit 70 de plus que le prix de son inscription. Un tournoi complet de 32 joueurs ne rapporte que 256 euros. Même si les consoles et écrans étaient prêtées, il faudrait au minimum avoir deux tournois de 32 joueurs complets pour commencer à rembourser les frais.

Questionner systématiquement ce que font les organisateurs avec l’argent des tournois est à la fois mesquin et blessant. Rappelons que les organisateurs travaillent le plus souvent sans être payés et n’ont pas toujours le loisir de jouer. Comme démontré ci-dessus la très grande majorité du temps l’argent suffit à peine à rembourser les frais et il n’y en a jamais assez pour défrayer tous les bénévoles. Les organisateurs sont le plus souvent des associations de loi 1901 ayant un compte en banque associatif dont l’argent est constamment ré-investi dans de nouveaux projets et pour rembourser des frais les membres doivent leur présenter des factures, ce qui est contraignant et souvent oublié pour les petites sommes.

Les organisateurs ne sont pas insensibles aux soucis financiers des joueurs. Engager le dialogue est un bon moyen de régler la problématique financière si celle-ci existe. Beaucoup seront d’accord pour faire des abonnements à l’année. Ils peuvent aussi prévoir des tarifs étudiants ou chômeurs (vu la situation économique actuelle cela n’est ni une insulte ni une moquerie, juste une réalité) et faire des forfaits tout compris. Il est aussi possible de faire un forfait dégressif quand on fait plusieurs tournois, voire d’offrir un petit bonus (boisson, nourriture) à ceux qui acceptent de jouer le jeu. Il est toujours possible de s’arranger et la majorité du temps les organisateurs sont accessibles aux joueurs qui doivent en profiter pour faire avancer cette question.

 

Les organisateurs

Globalement en France les organisateurs sont cools et compétents : ils font en sorte qu’on ne soit pas éliminés parce qu’absents, ils font des miracles avec le peu de moyens qu’ils ont et ne demandent rien en retour si ce n’est la participation à leur évènement pour être à l’équilibre financier. Alors pourquoi y a-t-il donc une telle défiance et un tel mécontentement des joueurs a leur égard ? Concrètement, qu’est-ce que les organisateurs peuvent faire pour contrer le manque d’attrait pour les tournois quand le niveau qui s’y trouve, bien que tout à fait correct, ne suffit pas à faire bouger les joueurs ?

Simple : communiquer. Donner envie aux joueurs. Leur faire comprendre qu’ils ont un rôle à jouer. Un tournoi qui ne se vend pas n’existe pas. Certains organisateurs diront que c’est faire la fine bouche dans un pays où il y a si peu de tournois mais devant l’investissement financier demandé les joueurs peuvent légitimement demander une communication correcte. Mieux : ils veulent être sollicités et teasés. Un peu de piquant ne fait jamais de mal !

Il y a deux types de communication à prendre à compte : locale et nationale. Mais pour qu’elle soit correctement faite, il faut que chaque organisateur/association/particulier comprenne que c’est un travail. Cela demande un investissement important et régulier, et pour cette raison chaque organisateur devrait nommer une personne à ce poste et la dégager de toute autre responsabilité. Un chargé de communication qui n’a pas le temps de faire son travail parce qu’il doit faire de la logistique ce n’est pas normal.

 

Communiquer localement

Le net n’es pas local, ou peu. Il y a des choses que l’on ne pense pas vraiment à faire pour trouver du monde sur les jeux de combat. Avez-vous déjà pensé à taper le nom de votre région suivi de votre jeu favori dans l’espoir de trouver un adversaire ? Probablement pas. Aussi il vaut mieux ne pas trop compter sur le web pour ce genre de recherche, mais viser des endroits stratégiques. Les amateurs de jeux de combat sont majoritairement des hommes de 15 à 35 ans. Ils ne jouent généralement pas que aux jeux de combat, ils font souvent des études supérieures.

La première chose à faire pour créer sa scène locale est donc de créer un flyer ou une affiche (les deux c’est mieux pour contenter les gens chez qui vous allez les mettre) explicatif et de le placer dans des endroits stratégiques : les magasins de jeux vidéo sont l’idéal, mais les collèges, les lycées, les IUT, les universités en sont aussi. Pas besoin d’y aller toutes les semaines, une pile de flyer ou une affiche en début de saison des classes ou pendant les fêtes ou les soldes sont suffisants. La plupart des lieux scolaires ont des panneaux d’affichages dédiés à cet usage qui n’attendent que cela. Ne sous estimez pas ces endroits : une unique personne venant à votre tournoi peut en ramener d’autres au fil du temps. Le bouche à oreille est une composante essentielle de la communication locale et il faut avant tout réussir à ameçoner au moins une personne de chaque milieu pour que celle-ci puisse en faire la promotion mieux que vous car elle y sera plus connue et respectée.

Enfin pour les rendez-vous, les horaires et autres choses du genre, vous pouvez aujourd’hui facilement créer des groupes sur les téléphones ou ordinateurs et envoyer un SMS ou un Mail commun à tout le monde sans que cela soit compliqué on prenne beaucoup de temps. Pour l’organisation du matériel, définissez via un calendrier qui amène quoi et quand, et mailez le à tous vos membres. N’oubliez pas non plus de préciser la tarification, le lieu précis. Tentez de créer au moins une page Facebook pour votre évènement régulier, mais ne vous reposez pas que là-dessus. Des gens qui ne vous connaissent pas ne viendront pas à vous, c’est à vous d’aller à eux.

 

Communiquer nationalement (aka sur le net)

Vous et vos potes êtes chauds, vous avez une salle, des consoles. C’est le moment de faire un tournoi national, même de petite envergure. Félicitations mais il va falloir ramener du monde.

Premièrement : trouvez un nom qui claque et faites une affiche dont on soit sûr de se souvenir. Si votre évènement n’a rien de spécial vous avez déjà perdu, il faut que vous trouviez votre petit truc à vous qui vous démarquera. Cela peut-être un invité de marque, l’humour, un sponsor qui vous aide, etc… Ensuite faites vous un site sur wordpress ou blogspot ou n’importe quoi qui soit éditable facilement. Harmonisez l’aspect visuel de votre site avec le nom et l’image de votre tournoi. Si vous avez une affiche classieuse, arriver sur un site tout moche qui n’a aucun rapport ne fera que souligner votre manque de cohérence.

Sur ce site faites des pages explicatives claires et bien mises en page. Evitez les blocs de trois plombes, privilégiez les listes, mettez en gras ce que le lecteur cherche en premier (les jeux en font partie) et soulignez les points essentiels que les gens ont tendance à trop souvent oublier (genre les horaires et tarifs). Expliquez pourquoi votre tournoi est immanquable, qui sont les organisateurs. Faites une page expliquant toutes les démarches à faire pour venir : aéroport et gares les plus proches, adresse exacte, google map. Trouvez les hôtels et campings les plus proches et indiquez leurs adresses, tarifs et numéros de téléphone. Indiquez également s’il existe des commodités telles que les toilettes et les supermarchés.

Avant de passer à la communication proprement dite : faites un communiqué de presse qui soit copiable. Dedans indiquez tout ce qui est listé, dans un français correct et sans fautes, le tout bien mis en page. Si vous comptez sur les autres pour corriger vos fautes, décrire le tournoi et newser dessus, vous avez déjà perdu.

Enfin, communiquez partout. Hitcombo possède une liste de tous les sites et comptes twitter traitant de jeux de combats, utilisez la. Envoyez un mail à tous les gens que vous connaissez suceptibles de faire passer l’information. Créez une page Facebook, un compte Twitter, partagez au maximum. Trouvez les gens qui tiennent des sites, les gens influents du milieu et envoyez leur un message personnel. Trouvez les joueurs importants et invitez les à participer et s’ils ne peuvent pas ou ne veulent pas, remerciez les quand même et demandez leur s’ils peuvent tout de même passer l’information.

Renseignez-vous sur les sites généralistes voir s’ils n’ont pas un topic dédié aux jeux de combat, et dans ce cas postez vos informations. Jeuxvideo.com, Gamekult ont par exemple des communautés actives sur le genre qui ne demandent que ça. Quand aux sponsors, faites un communiqué de presse qui leur est dédié et fait plus dans le chiffrage de vos précédents évènements que dans le listing des jeux ou les horaires. Le but est de leur donner envie de participer à quelque chose et de leur faire comprendre ce qu’ils ont à gagner.

Vous ne pourrez pas forcément répondre à toutes les questions sur tous les forums donc indiquez un mail, la page facebook ou la page twitter de votre évènement comme endroit où l’on peut poser les questions. Venez-y tous les jours et soyez courtois. Enfin faire une unique annonce et penser qu’elle a été lue est stupide. Rappelez que vous êtes là régulièrement, dévoilez vos informations importantes (invités, sponsors, etc) au fur et à mesure. Soyez ouverts et sympas, sautez sur les occasions de rencontrer et discuter.

Dernier point quand même : ne faites pas non plus de zèle à base de même message spammé tous les jours à tous. Si vous êtes lourds, personne n’aura envie de participer.

 

Le stream

Ca va en faire grincer des dents, mais ne pas streamer ses tournois ou rankings aujourd’hui est une hérésie. Si vous avez un tant soit peu d’ambition et de moyens pour votre tournoi, streamez le. D’une part car cela vous donne un argument de communication supplémentaire et assoit votre réputation, mais en plus parce que vous pouvez faire vivre votre évènement à ceux qui n’ont pas les moyens de s’y rendre. Vous l’inscrivez aussi dans le réel. Un tournoi peut avoir lieu un weekend mais il n’y a aucun moyen de savoir ce qui s’y déroule à moins que votre communiquant ne soit chargé de rendre en temps réel les résultats, ce qui est très casse bonbon et parle peu si vos joueurs ne sont pas connus. Même si quelqu’un ne regarde pas longtemps, vous avez marqué un point en lui faisant comprendre que les choses ont réellement lieu.

Aujourd’hui faire un stream ne coûte plus aussi cher à faire en termes de matériel et ne demande pas de compétences techniques complexes, juste une ou deux après midi de travail pour que tout soit prêt. Calculez le nombre d’évènements de l’année passée, le nombre de joueurs que vous avez, compilez vos chiffres en une présentation claire et lisible et faites un résumé de vos buts et foncez voir des vendeurs de matériel informatique locaux pour qu’ils vous sponsorisent. Si obtenir un ordinateur est probablement difficile, une carte d’acquisition correcte est possible. En échange posez une bannière du magasin sur la scène ou les murs de votre salle. Si cela ne touchera pas les joueurs venant d’autres régions, les locaux retiendront qui est le sponsor et c’est l’important.

Pensez à faire des overlays, à mettre le nom de joueurs et vos sponsors, à faire tourner les commentateurs. Contrairement au chargé de communication qui doit bosser seul, créez une équipe de deux ou trois techniciens qui se relaieront durant la journée et pourra faire les tournois. Ne laissez pas un mec tout seul pour boucher les trous quand il ne se passe rien car s’il dit n’importe quoi ou n’est pas motivé, vous donnerez une image ennuyeuse de votre tournoi. Privilégiez un duo de commentateur plutôt qu’un homme seul, assurez-vous qu’au moins un des deux soit suffisamment connaisseur du jeu. Lors des pauses mettez une petite vidéo avec votre logo pour faire patienter les gens qui en profiteront pour faire une pause pipi ou se chercher une bière.

Mais quoi qu’il arrive, streamez vos tournois et rankings. Vous n’existerez pas dans l’inconscient collectif tant que vous ne ne le ferez pas et quoi qu’on en dise les vidéos de rankings français postées après n’intéressent presque personne. Le principe du stream est simple : sans effort et en exclusivité vous proposez à un individu de vivre un instant qu’il ne pourra pas vivre plus tard. Il pourra tomber sur un bon match, voir le visage des joueurs et retenir leurs noms et pourra ainsi en parler à d’autres. Encore une fois le bouche à oreille est important.

Autant qu’un outil de retransmission, le stream est un moyen de communication de votre évènement et surtout un moyen d’expansion énorme pour la scène française car ses chiffres de visites sont un argument supplémentaire pour obtenir du sponsoring. Donc organisateurs comme joueurs : STREAMEZ.

  

 

Conclusion

Une communauté est un groupe d’intérêts qui partagent les joies et les efforts d’un projet commun afin d’en assurer l’existence. Aujourd’hui nous avons un choix à faire : soit nous faisons bloc de manière unie pour assurer notre pérennité, soit nous mourrons à petit feu.

Nous devons – et ce n’est pas une option ou des paroles en l’air – nous devons devenir une communauté. Cela signifie accepter les différences comme un enrichissement et non une menace, accepter les demandes légitimes des uns et des autres et travailler pour y répondre, faire les efforts nécessaires même si déplaisants.

Est-ce insurmontable pour les joueurs français de jouer à plus d’un jeu ? Bien sûr que non, une petite heure de training par semaine leur suffira pour progresser un minimum et arriver armé, tester leurs compétences, et rentrer avec de nouvelles choses à apprendre, testé et approuvé. Est-ce vraiment difficile de se bouger quand il n’y a qu’une date par mois ? Bien sûr que non, on peut aujourd’hui s’organiser facilement pour y aller entre amis, ne pas oublier la date en s’abonnant sur Facebook ou Twitter.

De leur coté les organisateurs peuvent faire un tarif dégressif (ils le font souvent déjà) pour ne pas trop tirer sur le porte monnaie des joueurs, et en contrepartie doivent faire leur travail de stimulation de leur communauté locale en étant actif aussi bien localement que sur le web. De notre coté sur Bas Gros Poing nous préparons des outils qui faciliteront la diffusion et la recherche d’évènements liés au jeu de combat en France, aussi bien pour les organisateurs que pour les joueurs, épargnant ainsi aux premiers une quantité de travail absurde et donnant aux seconds un moyen de se renseigner rapidement sur les dates à venir.

Si nous ne faisons pas cet effort maintenant, la saison 2012/2013 sera la dernière d’envergure pour notre milieu. L’éviter ne demanderai que peu d’efforts à l’échelle individuelle et il convient de se bouger maintenant. Commencez par partager cet article le plus largement possible, discutez avec vos amis joueurs et membres d’associations sur les moyens que vous pouvez mettre en oeuvre pour faire avancer la communauté.

Neithan

Chef fondateur et tyrannique
Bas Gros Poing / basgrospoing.fr